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Mieux comprendre la douleur

  • Photo du rédacteur: Normand-Jimmy Gamache
    Normand-Jimmy Gamache
  • 15 juin 2022
  • 4 min de lecture

Tout le monde a déjà ressenti de la douleur pour des raisons assez variées. Vous avez probablement remarqué aussi que chaque personne a une tolérance à la douleur qui lui est propre. Un même événement se produit chez plusieurs personnes et nous nous retrouvons avec des niveaux de douleurs complètement différents. Comment se fait-il que la douleur nous semble si mystérieuse ? Tentons de mieux comprendre ce phénomène.

Qu’est-ce que la douleur ? C’est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable résultant d’une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite en de tels termes. Il s’agit d’une sensation subjective. Associée à notre perception de l’événement et influencée par nos expériences passées. (IASP dans APES, 2019)


Personne tenant son coude avec une poche de glace, illustrant une douleur physique.

Composantes de la douleur

Quelle que soit l’origine de la douleur, c’est un phénomène complexe dont la perception fait intervenir quatre composantes.


Composante sensorielle

Pour faire court, disons que beaucoup de nos structures possèdent des capteurs sensitifs, ce qui leur permet d’envoyer des renseignements vers notre cerveau sur l’état de la situation. Une fois que le cerveau reçoit l’information, il décode et analyse ce qui se passe pour ensuite réagir. Cette composante sensorielle permet d’analyser la nature, la localisation, la durée et l’intensité de la stimulation douloureuse. C’est alors qu’un message d’alerte est envoyé sous forme d’expérience désagréable, la douleur. Déjà, selon ce que le cerveau fait des messages reçus, la résultante peut être très variée.

 

C’est cette composante qui fait que pendant le massage, l’analyse du cerveau concernant l’état de votre corps se modifie. Rappelez-vous les fois où lors de votre massage vous avez dit « Oh, je ne savais pas que j’avais mal à cet endroit » ou encore « Le lendemain, je me sentais raqué même si pendant le massage je n’avais pas mal ».

 

Composante affective et émotionnelle

L’analyse de la situation et la réaction que le cerveau coordonne sont teintées par la connotation désagréable et pénible liée à la perception de la douleur. Cette perception est pour certains sans importance alors que pour d’autres, elle peut évoluer vers des états d’anxiété et de dépression. La durée de la sensation joue pour beaucoup pour cette composante.

 

Ce qui veut également dire que lorsque nous sommes dans un état de fatigue ou de stress, la perception de la douleur pourrait augmenter en intensité.

 

Composante cognitive

Les processus mentaux sont susceptibles de moduler et d’influencer la valeur de la douleur en se référant à la signification ou à nos interprétations de la situation. Nos croyances, le contexte et la motivation peuvent aussi changer la perception de la douleur. Les souvenirs et les expériences du passé vont modifier l’analyse.

 

En effet, la perception de la douleur peut être atténuée momentanément quand nous sommes distraits par une occupation. En exemple, pensons à l’enfant qui tombe de sa bicyclette. Si le parent se met à paniquer, la perception de la douleur de l’enfant risque d’être plus élevée que si on lui indique que ce n’est pas grave et qu’il peut réessayer. C’est ce qui explique également pourquoi un sportif termine sa compétition malgré une blessure importante.

 

Composante comportementale

Ici, ce sont l’ensemble des manifestations observables (végétatives, verbales et motrices) qui vont teinter la perception de la douleur.

 

Nos cris, nos grimaces, nos réactions d’évitement, nos postures antalgiques, notre immobilité ou notre agitation, par exemple, peuvent augmenter ou diminuer la douleur perçue. Soyons honnêtes, le comportement autour de nous peut également changer notre perception.


L’influence

L’ensemble de ces dimensions est lui-même sous l’influence de facteurs environnementaux, professionnels, familiaux, sociaux et culturels, passés ou présents.


Jacquemin & De Broucker (2014) décrit la douleur globale ou totale selon quatre volets :

  • Douleur psychologique (isolement, crainte, dépression, colère) ;

  • Douleur spirituelle (remords, sens de fin de vie, croyances) ;

  • Douleur sociale (économique, familiale, au travail, avec les amis) ;

  • Douleur physique (maladies, symptômes, traitements, traumatismes).

Personne exprimant une douleur intense, représentant l’impact émotionnel et psychologique de la douleur.
La douleur s’exprime aussi par le corps et les émotions.
Personne recevant du soutien, illustrant l’influence de l’entourage sur l’expérience de la douleur.
Le soutien de l’entourage influence la perception de la douleur.

La douleur, un symptôme pas commode

En résumé, maintenant nous comprenons que la douleur est le résultat d’une interprétation de différents messages qui est influencée par nos émotions, nos comportements et nos expériences. L’avantage de cette connaissance est que nous savons que nos pensées positives peuvent être favorables et diminuer la perception de notre douleur. Ce n’est pas un ingrédient magique, mais il est utile.


Un peu comme la fièvre nous indique qu’il se passe quelque chose avec notre système immunitaire sans que l’on puisse dire exactement quelle en est la cause, la douleur est un symptôme qui nous donne un signal d’alarme. Je dirais que c’est un type de symptôme universel ; la douleur est là pour bien des raisons. L’origine de la lésion peut être locale, nerveuse, organique ou en lien avec une mauvaise posture. C’est pourquoi votre massothérapeute, ou tout autre professionnel de la santé vous questionnent pour mieux cibler l’origine de la douleur et être en mesure de traiter la cause la plus plausible possible et non pas seulement diminuer le symptôme de façon temporaire.


Normand-Jimmy Gamache, massothérapeute clinicien expert certifié MQ

Clinique Halte-Mieux-être

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