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La peur de bouger… quand le cerveau nous joue des tours

  • Photo du rédacteur: Normand-Jimmy Gamache
    Normand-Jimmy Gamache
  • 18 avr.
  • 4 min de lecture

Après une blessure, une chute ou un épisode douloureux, il arrive que quelque chose change.


Le corps est capable de bouger, mais une hésitation s’installe. Un mouvement devient incertain. Une douleur passée semble encore présente.


Et peu à peu, une peur s’installe : celle de bouger.


Personne semblant inconfortable ou hésitante après une douleur, illustrant la peur de bouger.

Cette réalité porte un nom : la kinésiophobie. Dans le fond, il ne s’agit pas d’un problème compliqué. C’est une réaction normale d’un cerveau qui cherche à protéger.


Pourquoi ça arrive ?

Lorsqu’un mouvement a été associé à une douleur, le cerveau en garde une trace.


Son rôle est simple : éviter que ça se reproduise. Alors, même si les tissus ont récupéré, le signal de prudence, lui, peut rester actif.


Un corps qui bouge peu peut devenir comme un engrenage qui manque de lubrification. Plus on le laisse immobile, plus il devient raide. Plus le mouvement devient difficile.


En remettant du mouvement, on relance la circulation, on redonne de la fluidité. Progressivement, le système se rééquilibre.


Ce que l’on vit

Ça peut se traduire par :

  • éviter certains mouvements ;

  • bouger moins ;

  • hésiter avant d’agir ;

  • ressentir une tension dès qu’on pense au mouvement.


Illustration du cerveau en action, représentant les mécanismes de protection liés à la douleur.

Et parfois, sans s’en rendre compte, on finit par confirmer au cerveau que le mouvement est dangereux. C'est un piège car moins on bouge, plus le corps devient sensible. Et plus il devient sensible, plus le cerveau croit qu’il a raison d’avoir peur.


Quand ce n’est pas vraiment de la douleur

Il arrive aussi qu’on interprète certaines sensations comme de la douleur…alors qu’il s’agit simplement d’un étirement, d’une tension musculaire ou d’un manque de mobilité.


Le corps envoie un signal que le cerveau l’interprète comme un danger.


J'entend souvent « Ce n’est pas comme avant… » en référence à une blessure, une chute ou un événement marquant. Et à partir de ce moment, le cerveau commence à anticiper, à surveiller, à protéger davantage.


Comment passer à autre chose ?

Le cerveau veut nous protéger. Parfois, son mécanisme de défense nous joue des tours. Nous devons alors permettre à notre cerveau de se reprogrammer. La solution n’est pas de forcer. Elle est de réapprendre au corps que le mouvement est sécuritaire.


Progression

Cela passe par des mouvements simples, adaptés et progressifs. Le but n'est pas de performer, mais de redonner confiance.

Répétition

Le cerveau apprend par répétition. Chaque mouvement fait sans douleur significative devient une nouvelle information : « c’est sécuritaire ».

Patience

Ce processus demande du temps, mais il est efficace.


Réapprendre à différencier

Une partie du travail consiste à réapprendre à reconnaître :

  • ce qui est une vraie douleur ;

  • et ce qui est simplement une sensation liée au mouvement.


Cette nuance change tout et permet de reprendre le contrôle sur votre conscientisation corporelle.


Bouger… même si ça tiraille un peu

Reprendre le mouvement ne veut pas dire attendre que tout soit parfait. J'oserais même dire qu'il faut accepter que ce ne soit pas parfait au début.


Personne reprenant doucement le mouvement à l’extérieur, symbole de progression et de confiance.

Il est normal de sentir :

  • que ça tire un peu ;

  • que les muscles s’étirent ;

  • que certaines articulations fassent du bruit.


Ces sensations ne sont pas forcément un signal d’arrêt ou que ça ne va pas bien. Elles font souvent partie du processus d’adaptation.


Les aides concrètes

En complément :

  • certains onguents thérapeutiques à base de produits naturels peuvent aider à relâcher la musculature ;

    • Visitez la boutique pour trouver le bon onguent pour vous.

  • le magnésium peut soutenir la détente musculaire et le système nerveux.


Ces outils ne remplacent pas le mouvement… mais ils peuvent le rendre plus accessible.


Le rôle de la massothérapie

La thérapie manuelle peut aider à :

  • diminuer les tensions ;

  • réduire la sensibilité ;

  • améliorer la perception du corps.


Traitement en massothérapie aidant à diminuer les tensions et à favoriser le retour au mouvement.

Elle crée un contexte sécurisant pour réintroduire le mouvement. En combinant traitement et mouvement adapté, on aide le système à se recalibrer.


Faire confiance au mouvement

Il arrive aussi quelque chose d’intéressant pendant le processus de reprogrammation du corps et du cerveau. Parfois, sans s’en rendre compte… le mouvement revient tout seul.


En faisant une activité que l’on aime, en étant concentré ailleurs, le corps se remet à bouger naturellement.


Vous avez mal au cou. Vous vous sentez raide.


Vous jouez à un jeu de société. Vous vous concentrez. Vous voulez gagner. Et sans vous en rendre compte, votre tête se met à bouger, à regarder partout autour de la table.


Vous bougez.

Personne ressentant une tension au cou, illustrant une douleur pouvant limiter le mouvement.

Vous avez des douleurs au dos. Vous vous sentez raide.


Vous mettez de la musique… et vous commencez à suivre le rythme sur votre chaise. Le mouvement s’installe tranquillement.


Vous bougez.

Personne ressentant une douleur au bas du dos, exemple fréquent de limitation du mouvement.

Ce que ça veut dire

Dans ces moments-là, ce n’est pas le corps qui était incapable. C’est le système de protection qui s’est relâché… juste assez pour laisser le mouvement revenir.


Le reconnaître… et l’accueillir

Quand cela arrive, prenez un instant pour le remarquer. Souriez, parce que cela veut dire que le mouvement est possible.


L’entourage peut aider

Parfois, ce sont les autres qui le voient avant nous. Un proche, un collègue, un membre de la famille peut dire :« Hé… tu viens de bouger ! ».


Ne vous fâchez pas. Accueillez ce moment comme une bonne nouvelle.


Un changement de regard

Se le prouver à soi-même peut changer beaucoup de choses. Parce que le corps est souvent capable… même lorsque le cerveau en doute.


Le corps n’est pas brisé. Il est devenu… trop prudent.


Conclusion

La peur de bouger n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie de protection.


Et comme toute stratégie, elle peut évoluer. Elle peut changer lorsque la protection n'est plus utile.


Avec les bonnes approches, le mouvement redevient possible. Graduellement. Naturellement.


Normand-Jimmy Gamache, massothérapeute clinicien expert certifié MQ

Clinique Halte-Mieux-être

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